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Dossier Spécial : Vatican 2003 journal d'un Fiasco !


Dossier Spécial : Vatican 2003 !                                                           -  Dossiers précédents -

      
      

      Survivants de l’expédition de Saint Marin qui avait été pluvieuse et glaciale, et après avoir visité Florence, nous sommes arrivés à la dernière étape du voyage, confiants, le tout dans une ambiance bon enfant. L’Objectif Ultime, le Vatican, était devant nous ! Un jour à tirer avant un retour en France bien mérité dans la joie et la bonne humeur.

   Malheureusement, ce scénario idyllique s’est, au fil des heures, transformé en cauchemar. Trois facteurs ont contribué à cela ! Ce qui ne devait être qu’une simple attente ,certes longue, fut en réalité un véritable chemin de croix qui aurait pu tourner à la catastrophe pour beaucoup de personnes. L’incompétence, l’indifférence, et la stupidité humaine des différents acteurs : le Vatican, la Police Italienne et les resquilleurs, ont transformé la journée du 10 avril en un dangereux fiasco.

     

    L’équipe partie avec Europassion est arrivée pour commencer la queue le 9 avril 2003 à 9h00, ceci pour être dans les premiers afin d’augmenter ses chances de réussite et être surs de ne pas partir trop tard le lendemain en vue de nos impératifs horaires. Nous étions plutôt bien placés en arrivant vu qu’il y avait à peine une trentaine de personnes. Des slovènes avaient pris l’initiative de distribuer des numéros afin de lutter contre la resquille. Cela partait d’une bonne intention sauf que, sur le papier, nous étions notés comme étant arrivés en 110e position… Ou étaient passés les 80 autres ???. Le Vatican devant mettre à disposition plus de 2000 coffrets BE, nous avons laissé courir.

      

     Outre le fait que, contrairement à Saint Marin, aucune barrière ou organisation n’avait été déjà mise en place, l’ambiance était plutôt bon enfant, les drapeaux européens comme signe de ralliement flottaient au vent, et nous avions suffisamment de place pour nous asseoir où nous allonger. Le temps était correct en comparaison de celui de Saint Marin. Nous faisions la Police de temps en temps pour empêcher les tricheurs. Le casse-croûte du midi s’est passé agréablement. Nous avons rencontré une cinquantaine de Français dont la plupart connaissaient le site. Bref on ne travaille pas pour rien, ce qui est rassurant. Pendant ce temps le Pape faisait un discours sur la place Saint Pierre. Chacun s’occupait comme il le pouvait !

    Cela a commencé à se compliquer vers 16H00 quand la police a eut l’ingénieuse idée de faire mettre de nouvelles barrières et d’agrandir la largeur de la zone. Le temps de récupérer les affaires, une centaine de personnes, allemands, biélorusses et italiens en ont profité pour passer devant et s’imposer tout en prenant une part importante de la route. Sur la gauche il y avait ceux qui pouvaient s’allonger et sur la droite une masse de personnes qui avaient à peine la place pour s’asseoir. C’est dans ces conditions que nous passerons la nuit.

  

   Outre la nouvelle redistribution des cartes qui rendaient caduques de fait les numéros d’arrivée, un autre phénomène s’est amplifié durant la nuit c’est celui des resquilleurs. Il y avait deux catégories : les sans foi ni loi toujours à l’affût pour passer devant et les sans papiers enrôlés par des mafiosi pour leur ramener des coffrets. Un de ces mafiosi s’était placé à une des ouvertures et faisait rentrer régulièrement des mexicains. Nous apprendrons par la suite qu’ils ont été payé 60 € pour les deux coffrets ou 30€ s’ils n’en ont qu’un. C’est ce qu’on appelle de l’esclavage moderne. Et tout cela sous la bénédiction de la police italienne qui laissait systématiquement faire, quand elle ne les aidait pas. Bref de la vingtième place au fur et à mesure on s’est retrouvé dans les deux cents premiers. Il ne faut pas croire qu’on se laissait faire, ils ne se passait pas 15 minutes où il n’y avait une épreuve de force, verbale la plupart du temps, ou en utilisant les mains dans les cas extrêmes. 2000 BE, 200 places, on était encore dans les clous.

    

       Nous pensions attendre sagement mais dans la nuit entre 5H00 et 6H00 la foule a poussé pour avancer alors que le Vatican n’ouvrait qu’à 10H00. Nous avons donc pris nos sacs à dos que nous avions préparés auparavant, nous nous sommes mis debout et nous avons attendu. Histoire de noircir le tableau, les averses ponctuaient notre attente. A Huit heures, la Police eut la très mauvaise idée d’ouvrir le couloir pour s’approcher du Vatican. Outre qu’ils ont fait cela deux heures trop tôt, à partir de cet instant toutes les personnes qui se trouvaient sur la gauche ont poussé pour atteindre l’entonnoir, voyant cela la foule du milieu a fait de même.

   

   De 8h00 à 14H00, c’est le temps qu’ils nous a fallu pour faire 100 m. La pression et les coups exercés durant des heures par ceux qui poussaient a eu comme résultat de faire craquer les plus faibles. Certains prenaient un malin plaisir à taper pour avancer plus vite. Les femmes, les personnes âgées, les personnes de petite taille ont été les premières victimes d’évanouissements, voire pour certains cas de crises d’hystérie. La pluie qui était auparavant maudite était une bénédiction durant ces heures et le seul moyen de se rafraîchir. Les premières barrières commençaient à céder. Face à cela la police italienne s’est contentée de faire venir des ambulances plutôt que de réguler la queue.

   Les italiens et espagnols, fidèles à leur réputation de machistes, étaient heureux de chaque nouvelle défection féminine et criaient « les femmes dehors ». Certains faisaient exprès d’accentuer la pression pour en faire craquer le plus possible. Un autre aspect nous est parvenu à la fin après avoir discuté avec les filles du groupe. Le fait d’être serrés comme des sardines à permis aux obsédés sexuels d’en profiter. Cela allait de la « classique » main baladeuse, à des agissements plus répréhensibles. Une des filles de nos groupes a carrément senti derrière elle un homme qui avait sorti son « engin ». La pression de la foule a servi pour une fois car il était tellement occupé avec ses mains qu’il a été éjecté par le premier mouvement de foule. Seul Dieu sait s’il n’a pas été écrasé, lui et son engin.

Les différentes TV européennes se régalaient du spectacle il ne manquait que les touristes pour lancer des cacahuètes. Pendant ce temps là le Vatican commençait sa journée pépère. A partir de 8H30 ils ont commencé à arroser les différents pontifes et ambassadeurs du clergé. A 10H00 ils ont ouvert pour le grand public mais seulement 10 personnes toutes les 25 minutes. De 12H00 à 13H30 fermeture pour cause de casse croûte. Il fallait bien qu’ils mangent eux ! Puis fermeture définitive à 16H00. Tans pis pour ceux qui ont fait la queue toute la nuit. Il ne fallait pas que les fonctionnaires de la curie se cassent un ongle tout de même.

      

Pour ceux qui sont arrivés jusqu’à la grille et ont eu la chance de passer il y avait encore des surprises. Outre que dans les 2000 BE annoncés il ne devait en réalité y en avoir qu’une centaine. Le Vatican stoppa la vente à 12H00 et la remettait à un autre jour. Si bien que tous ceux passés après ne recevaient que le BU. Des groupes de touristes qui visitaient le Vatican à ce moment là en profitèrent également pour faire la queue à l’intérieur du Vatican. Il y avait plus qu’à payer ! A 13H30 les employés du Vatican avait déménagé et avait multiplié les points de ventes pour faire passer plus de monde à la fois. Mieux vaut tard que jamais ! Outre l’amabilité du personnel qui à une question posée répondait « dégage » en italien, le Vatican était devenu tellement pressé de faire passer les gens sur un point de vente qu’il y eut des dégâts collatéraux. Certaines personnes se retrouvèrent à la sortie sans avoir eu de BU (Sic)

  

Tous cela pour dire que derrière l’inefficacité de la police, le comportement de requins de certaines personnes, le problème essentiel était l’inorganisation de la Manifestation. Le fait de faire comme si cela était un jour ordinaire montre le peu de respect et l’inconscience du Vatican. Tout cela aurait pu être évité. Il faut croire que du haut de leurs nuages ils n’ont plus conscience de grand-chose. Ont-ils compris ce qui s’est passé pour pouvoir rectifier le tir pour une prochaine fois ? Au Royaume des aveugles les borgnes sont rois !

 

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